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  ❧ Dans la peau d'un autre

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MessageSujet: ❧ Dans la peau d'un autre   Sam 5 Juil 2014 - 21:05






Par un samedi pluvieux • fin des vacances de Pâques

Le patron de « Man's Rent » jaugea d'un œil expert le jeune homme qui venait de franchir le pas de sa boutique. De son « entreprise », comme il aimait à l'appeler. Voilà donc à quoi ressemblait la recrue d'un jour que Jedikaia Fraser lui avait dégoté.
Machinalement, il balaya le nouveau venu des pieds à la tête. N'eut été sa mise - son costume, quoi qu'à peu près propre, ne le flattait guère -, il aurait été parfait. Ça, et son sourire. Aux abonnés absents. Comme si le fait de se trouver là, ne constituait pas un honneur en soi. La sélection, au sein de son entreprise était drastique et peu pouvaient se targuer de décrocher un contrat, si minime soit-il, au terme de leur entretien.
Quel dommage, pourtant. Ce garçon aurait pu faire un malheur au près des dames, si seulement il y mettait un peu du sien. Il conviendrait. Il devait convenir pour ce remplacement au pied levé. Jedikaia absent pour la journée, en cette fin de semaine surtout... voilà qui ne faisait pas son affaire. Mais, après tout, nul ne pouvait anticiper le décès d'une grande-tante. Compréhensif, il avait donc accordé un jour de congé à Fraser, qui lui avait juré de lui envoyer de quoi le remplacer avantageusement. « Avantageusement », c'était exactement ses termes.
Le nouveau venu ferait donc l'affaire. Pour peu qu'il disposât d'un minimum de bon sens, il verrait où se trouvait son intérêt et donnerait tout pour se montrer à la hauteur du privilège qui lui était fait. Et sinon... Mais ils n'en arriveraient pas là. Le patron discernait au fond des pupilles du novice l'éclair vif de l'intelligence. Hors de question, de toute façon, qu'un quelconque néophyte vienne ternir l'image sans tâche de « Man's Rent ».


« Scarlett va s'occuper de vous », fut son verdict. Les seules paroles qu'il prononça, en guise de bienvenue. C'était à prendre ou à laisser. Son amabilité et ses courbettes, il les conservait pour la clientèle.



Une demi-heure plus tard, Wyndham réussit enfin à s'arracher des mains envahissantes de ladite Scralett. Ces mêmes mains l'avaient palpé, mesuré, ajusté, tapoté, coiffé, rasé et bien d'autres choses qui dépassaient largement la limite des convenances.
En sortant de l'arrière-boutique, l'étudiant fulminait. Il savait pertinemment que le pire était d'ailleurs à venir.

Il lui avait été impossible de refuser. Non pas qu'il soit coutumier à Wyndham de rendre service, mais que ce soit la faute de la conjecture des astres, d'une fatigue immense au terme d'un trimestre intensif à l'Université, ou simplement un prétexte de s'éloigner de Maureen pendant quelques heures, il avait bon gré, mal gré, du bout des lèvres, consentit à rendre ce grand service que lui avait demandé son « ami » Fraser. A croire que le simple fait d'avoir bu un verre ensemble, une éternité auparavant, suffisait à tisser des liens entre deux êtres humains.
Mais les arguments dudit Fraser avaient été percutants : une belle somme d'argent à la clef, et la promesse que les heures passées à le remplacer dans son poste au « Man's Rent » fileraient plus vite que le dernier Comète. Wyndham ignorant tout des prouesses d'un balai de course quel qu'il fut, il dut se fier au sourire immense qui envahissait la figure du Fraser. Lequel se hâta bien de lui fausser compagnie, une fois arrachée la promesse que Wyndham se rendrait à l'heure dite au « Man's rent ». Toute information supplémentaire lui serait transmise sur place, lui avait promis Fraser avant de transplaner.

De toutes les façons qu'il y avait de prendre congé, le genre sorcier n'avait rien inventé de pire que le « transplanage au nez et à la barbe », cette façon si peu révérencieuse de s'en aller, sans même avoir la délicatesse de faire quelques pas,, afin d'épargner à celui qu'on laissait en plan, le désagréable claquement qui marquait une téléportation en bonne et due forme.

Pour avoir été transmises par un homme d'entre deux âges, qui devait user de tout un tas de sortilèges pour garder une apparence aussi nette, les informations avaient été transmises. Ça oui. Et plutôt deux fois qu'une. Le tenancier lui avait servi tout un laïus interminable sur l'irréprochabilité - c'était son propre terme (à ce moment donné du solliloque, Wyndham avait été à deux doigts de perdre son calme légendaire et d'asséner à ce coq une petite leçon de grammaire) – de l'établissement, et sur l'ensemble des tâches que lui, Wyndham, pourrait être en mesure de devoir accepter au cours de la journée. De quoi faire pâlir le plus aguerri des gentlemen. On lui demandait, ni plus ni moins de se plier aux quatre volontés de quelconque demoiselle (ou dame, la stupidité et la solitude n'ayant pas d'âge) requérait ses services. Moyennant finance. Les quatre volontés, ni plus ni moins. Servir d'escorte, plutôt agréable à regarder (ô combien il était tombé bas !), serviable et attentionné. Madame voulait se promener au bord de la Tamise et le présenter à l'entièreté de ses connaissances ? Oui, madame. Madame voulait l'emmener à un thé dansant et l'agonir d'ennui par ses bavardages incessants ? Oui, madame. Et le tout avec le sourire, s'il-vous-plaît.
Voilà qui avait été une leçon d'humanité pour Wyndham. Quand il pensait que ses congénères avaient atteint le fin fond de la déchéance, il découvrait qu'il existait, dissimulé dans les replis de la société, bien pis encore.

Mais une promesse était une promesse. Et si il y avait bien quelque chose que l'on ne pouvait nier à Wyndham, c'était sa capacité à toujours rester fidèle à sa promesse. Lui qui s'était consolé à l'idée d'avoir en réserve une faveur que lui revaudrait Fraser... Fraser en était maintenant pour une dette d'honneur doublée. Le service que Wyndham lui réclamerait, un jour, comprenait une foultitude de dommages et intérêts.

Trop occupé à vouer Fraser aux gémonies, alors qu'il faisait le pied de grue, adossé à l'un des murs méticuleusement propre du « Man's Rent », Wyndham n'entendit pas tinter la clochette de l'entrée, saluant l'arrivée d'un bourreau hypothétique.








Spoiler:
 


Dernière édition par Willem Wyndham le Ven 18 Juil 2014 - 20:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ❧ Dans la peau d'un autre   Sam 5 Juil 2014 - 23:59

J’avais besoin d’aide. Les elfes de maison faisaient beaucoup mais pas assez à mon goût. J’étais débordée. La maison était immense et la magie faisait beaucoup mais pas tout. Et puis je m’ennuyais dans cette maison seule. Une connaissance m’avait parlé d’une entreprise qui proposait des hommes à louer pour quelques heures, une journée ou plus. J’avais de la peine à comprendre comment on pouvait louer une personne. Après tout on était des êtres humains, on ne pouvait pas faire de trafic d’homme. Enfin bref. Ces temps j’allais mieux. Je ne dirais pas que je vais bien, mais mieux qu’avant. Je recommençais à rire, à sourire et à prendre goût à la vie. Beaucoup de choses m’y avaient aidé et il y avait également beaucoup de choses qui auraient pu me faire replonger à n’importe quel moment.
« Vous sortez ? »
« Très perspicace Yvann étant donné que je prends ma cape. »
« Mr Wityner a dit que je devais vous accompagner. »
« Si c’est ce qu’il a dit… »
Je n’aimais pas me fait chapeauté, j’avais l’impression d’être un morceau de viande que les gens se battaient ou alors un objet qui était trop dangereux pour être égaré. Pourtant j’étais amoureuse de mon mari, même avec tout ce qu’il m’avait fait, je ne l’aurais pas quitté volontairement. Mais il est vrai que j’aurais pu le tromper…peut-être avec un bel homme qui saurait me faire du charme, me voir autrement que comme un bout de viande, me faire la cour…bref, un homme qui se préoccupait un minimum de moi.

Sortant de chez moi, je me mis à marcher un peu. S’était stupide, dès que j’aurais passé le portail, je pourrais transplaner. Mais j’étais bien décidée à marcher un peu dans la campagne avant, histoire de savoir ce que je ferais de ma journée.
« Maîtresse ! Maîtresse ! »
Je me retournais un des elfes courait vers moi, apparemment pressé de me parler.
« Vous ne m’avez pas dit ce que vous vouliez que je fasse. »
« Il y a la pelouse à tondre, la haie à tailler. »
« Oui maîtresse. »
J’aimais bien les elfes de maison. Mais je répugnais à leur donner des ordres. Mais le problème, s’était que lorsque je ne disais rien, s’était limite si je ne les insultais pas, alors s’était encore plus compliqué.

Bref, je me baladais un peu, histoire de réfléchir. Mais les maisons alentour ne m’aidaient pas vraiment.
« On va transplaner, venez. »
Généralement, j’essayais de lui échapper, mais là, je n’avais pas envie de le prendre en traitre. Je ne savais pas encore où j’allais aller. Il me toucha légèrement l’épaule et nous disparûmes pour réapparaitre dans l’allée des embrumes. Décidément, je fréquentais souvent cette rue. S’était décidé, j’allais faire un tour dans cette boutique.

Je me suis arrêtée devant la vitrine propre. Cette boutique donnait vraiment envie, contrairement aux autres. En poussant la porte, une petite cloche a sonné quelque part dans la boutique.
« Bonjour ! Que puis-je faire pour vous ? »
Une femme était sortie de je ne savais absolument pas où.
« Euh…eh bien, on m’a recommandé votre boutique, alors je suis venue faire un tour. »
« Oh ! Je suis ravie de savoir qu’une de nos clientes ait été satisfaite de nos services au point de nous recommander. J’espère que vous aussi serez aussi satisfaite. Que cherchez-vous ? »
« Je ne sais pas trop, qu’avez-vous ? »
On aurait dit que je cherchais à acheter un morceau de viande dans une boucherie. Ça me mettait un peu mal à l’aise. La femme me conduit à une table. Nous nous assîmes et elle me tendit un album photo. Yvann nous suivait, mais il resta debout non loin de moi.
« Vous trouverez là-dedans des photos de tous les hommes que vous pourrez trouver ici. Ils sont classés par rapport à leurs différentes fonctions. Certains peuvent faire plus de choses que d’autres. Bien entendu, ils coûtent également plus cher. »
Elle ouvrit le livre devant moi. Elle connaissait bien son rôle en tout cas. La clochette sonna à nouveau et la femme assise en face de moi se leva.
« Je dois y aller, mais n’hésitez pas si vous avez des questions ou si vous souhaitez être conseillée. »
Elle s’esquiva et alla accueillir l’autre cliente qui semblait être une habituée.
« Blanche, vous ne devriez pas, j’ai entendu de mauvaises choses du patron. »
« Yvann, ne vous inquiétez pas, je ne sais pas trop ce que je cherche. Promis, je ne prendrais pas une personne trop corpulente, afin que vous puissiez le maitriser au cas où. »
Il eut un petit sourire ce qui me fit plaisir. Ouvrant le livre je le feuilletais sans vraiment savoir ce que je cherchais. Les hommes étaient beaux. Ils avaient des talents incroyables. Mais je ne voulais pas de bricoleur, ni de cuisinier, ni de garde du corps. Je ne voulais pas non plus de faveurs spéciales qui coutaient la peau des fesses mais qui proposait des demi-dieux. Je fis signe à la femme de venir. Au pif, je posais mon doigt sur une photo.
« Oh, c’est un très bon choix. Malheureusement, il n’est pas disponible actuellement, il a des problèmes familiaux. Cependant, nous lui avons trouvé un remplaçant qui peut tout à fait vous satisfaire je pense. »
J’ai haussé les épaules. Ma fois, soyons fou. Elle me sourit et alla le chercher.


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MessageSujet: Re: ❧ Dans la peau d'un autre   Mer 9 Juil 2014 - 20:45








S'être ainsi fait berner par un freluquet, qui préférait passer la journée à compter fleurette à une greluche pas plus fine que lui, lui greffait à l'abdomen des tensions contrariées aux allures de crampes musculaires.
Sans doute devait-il s'estimer bien puni d'avoir accordé sa confiance à qui ne la méritait pas. De son expérience, ils étaient de toute façon bien peu à ne pouvoir s'en estimer dignes, ne serait-ce que d'un fragment. Mais, de toute évidence, l'espoir, cette caractéristique humaine, était chevillé à son âme comme le plus crétin type issu du commun des mortels.

Il en était là dans ses vitupérations intérieures (qui ne devaient certes pas aider à lui donner une apparence amène, ce dont il n'avait strictement rien à faire, bien au contraire), quand une silhouette de femme se dessina dans son champ visuel immédiat. Il ne prit même pas le peine de lever le regard sur elle et attendit patiemment les ordres.

« C'est l'heure de faire tes preuves, mon gars. », lui lança celle-ci, d'un ton narquois. Sa voix avait perdu tout le miel qu'elle réservait aux clients.

Le tutoiement hérissa Wyndham qui ne supportait pas que l'on se permette de s'adresser à lui avec une telle familiarité. Elle n'avait même pas eu la décence de se présenter, ou même de le saluer, comme le suggérait la parcelle de bonne manière dont tout individu était supposé être doté.
Il s’abstint donc de faire montre de la moindre politesse, et n'adressa à la femme pas le moindre signe indiquant qu'il avait pu s'apercevoir de sa présence. Néanmoins, lié comme il l'était par sa promesse, il se fit violence et se dirigea dans la direction qu'elle lui avait indiqué d'un geste vague.
En enquillant un pas après le précédent, Wyndham redressa les épaules, débarrassa son visage de la moindre parcelle d'expression. Il n'alla pas jusqu'à forcer un sourire et son attitude était probablement bien peu amène, mais il se tenait droit, fier et avançait d'un pas volontaire.
D'un rapide tour d'horizon visuel, il collecta le maximum d'informations. Il saisit l'image de la cliente, élégante et classieuse, la posture de son mari, en arrière-plan, leurs attitudes l'un vis-à-vis de l'autre. Il prit le temps de s'étonner qu'une telle femme vint accompagnée de son conjoint pour louer les services de ce que l'on appelait vulgairement un escort-boy.
Mais rien de tout cela ne franchit la barrière imperméable de son visage et ce fut toujours aussi neutre et droit qu'il marqua l'arrêt devant madame.

Il lui fallut quelques temps pour prendre conscience que l'on attendait de lui quelque chose. Pas suffisamment de temps, cependant, pour que la situation ne devienne franchement intenable ou que le faux pas diplomatique soit flagrant.
Avec une crispation intérieure contre laquelle il lutta afin qu'elle ne transperçât pas sa carapace d'indifférence, Wyndham s'inclina brièvement face à l'inconnue qui l'avait engagé comme esclave :

- Milady...








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MessageSujet: Re: ❧ Dans la peau d'un autre   Ven 18 Juil 2014 - 10:17

J’attendais patiemment que la femme nous présente au jeune homme qui passerait la journée avec moi aujourd’hui. Assise sur ma chaise tranquillement, j’attendais et j’appréhendais également. Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire avec lui aujourd’hui ? Toute à mes réflexion, j’entendis Yvann qui me parlait.
« Je suis navré de me répété, mais c’est une mauvais idée je le pense vraiment. »
« Oh ! Yvann, allons de l’avant, découvrons de nouvelles choses. Que veux-tu qu’il m’arrive ! »
« Il pourrait tenter de vous tuer ! »
« Alors tu seras là pour me protéger, non ? »
« Oui. Mais il peut vouloir vous extorquer. »
« Hé bien tant pis, s’est l’argent de mon mari, s’il n’est pas content, il n’a qu’à me laisser travailler. »
« Non, il ne sera vraiment pas content… »
« Ne vous en faites pas, je lui dirais que vous avez tentez de me décourager de faire ceci. »
Il ne dit plus rien, mais je n’étais pas certaine de l’avoir convaincu. Je vis un jeune homme s’avancer vers nous. Je l’observais. Plutôt jeune, différent de celui présent sur la photo, mais beau garçon tout de même, comme tous ceux de la boutique apparemment. Je le vis s’arrêter devant moi. Il ne dit rien. Que devais-je faire ? Me présenter ? Me lever ? Lui serrer la main ? Lui faire la bise ? Étais-ce lui qui devait commencer ? Tout à mes questions, je l’entendis me saluer respectueusement. Je n’étais pas certaine qu’il sache plus que moi ce qu’il devait faire. Aussi ais-je décidé de me lancer.
« Bonjour, je suis Ellésianna-Blanche Wityner et vous ? »
Je m’étais levée et lui ai tendu la main, comme on le fait pour saluer une personne dans la rue. Je ne savais pas trop s’il la serrerait où non.
Passé un certain moment, je repris.
« Si cela vous conviens, je vous propose de sortir, j’ai l’impression d’étouffer dans ce magasin. »
Trop de couleurs, trop de trucs qui faisaient que je me sentais mal à l’aise. Sans vraiment attendre sa réponse en fait, je suis sortie. Je sentais que je ne pourrais rester ici un instant de plus. J’allais devenir totalement folle. Une fois dehors, malgré les murs gris et sale, je me sentais revivre. Je me suis tournée vers le jeune homme.
« Je m’excuse, je ne connais pas trop tout ça. »
Je désignais la boutique.
« Vous devez faire quoi ? Je veux dire est-ce que je dois faire certaines choses ? Est-ce que c’est votre cas ? Comment est-ce que ça se passe ? »
Oui, j’étais totalement dans le flou et je ne le cachais pas. Ça n’aurait servi à rien.


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MessageSujet: Re: ❧ Dans la peau d'un autre   Ven 18 Juil 2014 - 21:16


Formidable. Il était tombé sur une cliente incompétente. Non contente d'avoir probablement de l'argent en trop (savait-elle seulement qu'il y avait pléthore d'association qui sauraient gérer cette surcharge budgétaire avec diplomatie et efficacité ?), elle se la jouait amicale. Alors qu'elle avait, à coup sûr, à domicile, toute une armée d'elfes de maison qui lui servaient d'esclaves. Peut-être n'était-elle rien d'autre qu'une de ces jeunes femmes désabusées qui cherchaient la distraction où elles le pouvaient. Devait-il la juger ou bien la plaindre ?

Son attitude, pourtant, paraissait sincère et ce fut ce qui le déstabilisa. A peine. Juste assez pour le trouver hésitant, quand il se serait voulu mordant. Il y avait un fond d'honnêteté et, oui, d'humanité, dans la façon dont la cliente s'adressa à lui. Cette façon de se présenter, avec simplicité, sans s’appesantir sur un titre quelconque ou des convenances tirées d'un autre siècle. Cette main qui se tendait à sa rencontre, sans paraître craindre d'être contaminée par un inférieur. Autant de petits détails qui l'aidèrent à conserver son self-control au lieu de jeter au loin la promesse faite à Fraser, de tourner les talons avec flegme et de reprendre sa vie là où il l'avait laissée, à savoir en un endroit dénué de fioriture et où s'esbaudissaient quelques créatures magiques.
Il en fallait néanmoins plus à Wyndham pour franchir la barrière de courtoisie qu'il s'était fixé et se mettre à frayer avec une inconnue, aussi charmante soit-elle.

- Wyndham. Willem Wyndham. Milady.

Sa voix avait appuyé, à peine, un soupçon, sur le dernier mot, comme pour ramener au devant de la conversation la nature de leur relation.
W. observa en silence la main tendue, en proie à un argumentaire intérieur visant à déterminer, de l'accepter et de la serrer, ou de l'ignorer voire de la dédaigner, était la meilleure option. Il ne pouvait décemment s'éterniser dans son hésitation et se décida pour une solution intermédiaire, bien que fusillant violemment sa fierté. Mais qu'importe. Il se contentait de jouer un rôle qu'autrui lui avait imposé...et il sentait ledit autrui l'observer du fin fond de son antre.
Sans grandiloquence, il recueillit la main de la jeune dame dans la sienne et esquissa un rapide et très impersonnel baise-main, dans le plus pur style des mangeurs de grenouilles.

- Je vous suis, milady..., acquiesça-t-il. Il était prêt à démentir de lui-même ses propres paroles, pour aller ouvrir la porte qui les délivrerait de cet endroit pour mieux les jeter dans la jungle urbaine, quand, sans attendre, milady le devança et s'enfuit presque littéralement hors de « Man's Rent ».

* Intéressant. *

Sans ajouter un mot, et sans même un regard pour l'homme qui accompagnait la cliente, il emboîta le pas de la jeune femme et retrouva sans plaisir la ruelle glauque de cette Allée des Embrumes où il n'aimait guère s'attarder.
Jeune femme qui ne se lassait pas de le surprendre (ni en bien, ni véritablement en mal) : elle serait donc venu dépenser gallions sur l'ongle (les tarifs pratiqués dans cette échoppe n'avaient guère échappé à l'œil aiguisé de Wyndham) pour un service dont elle ignorait tout ?
Sans se départir de son flegme, sans même manifester sa surprise, W. esquissa l'ébauche d'un haussement d'épaules, face à son ignorance.
L'occasion était presque trop belle. Tant d’innocence aurait pu lui ouvrir grand le champ des possibles. Si véritablement elle ignorait tout des pratiques de « Man's Rent », rien ne l'empêchait lui de tourner les choses à sa convenance. Ce ne serait certes pas les remords ou une mauvaise conscience qui risquaient de le rendre victime d'insomnies. En quelques mots, il pouvait alléger sa peine et faire d'une corvée assurée ...quelque chose de bien moins désagréable. Mais que suggérer ? Il n’allait certainement pas suggérer de l'accompagner à ses actions de charité ou l'encourager à ce qu'il lui tienne compagnie à une quelconque réunion d'anciens élèves.

L'imagination galopante était loin d'être l'une des qualités premières de Wyndham et il peinait à créer de toute pièce un scénario plausible. D’autant qu'il ne possédait en aucun cas la certitude de l'absolue sincérité de Ms Wityner. Avoir hérité d'une sorte d'Agent Vérificateur ne l'aurait pas étonné outre mesure. Et il ne se sentait pas de jouer à quitte ou double. Il avait fort peu à perdre, certes (loin de lui l'idée de s'éterniser et d'offrir à perpétuité ses services dans un établissement de ce genre), mais il était assez peu au fait du who's who pour être certain de ne pas commettre d'impair compromettant sa propre situation, voire sa carrière. Sans compter que la mascarade qu'il jouait présentement lui apporterait une somme rondelette en fin de journée, pour peu qu'il exécute sa tâche convenablement. Or, il ne pouvait réellement se permettre de cracher sur un cachet de cette importance. Son compte en banque famélique ne l'autorisait pas à jouer les difficiles.

- Ma foi, milady, à vous de me dire ce que vous attendez de moi. Je suis supposé...

C'était déjà là un long discours de la part de Wyndham, qui préférait bien souvent le silence aux logorrhées inutiles.
L'interruption dans sa phrase avait pour seule origine son propre embarras. Comment formuler une telle chose ? Être proposé à la clientèle comme un homme bien de sa personne, à présenter à son bras ou à accrocher à son mur en guise de décoration humaine.

- … parader à vos côtés, faire des courbettes et me lancer dans des niaiseries en tout genre jusqu'à ce que vous et votre entourage en soyez satisfait.

Il avait parlé plus qu'escompté. Il ne tenait qu’à elle de le remettre à sa place, si tel était son bon plaisir. Mais tous les gallions du monde ne valaient pas qu'il s'avilisse et accepte d'être traité comme un moins que rien. Il ne baisserait pas les yeux et n'accepterait jamais sans un mot qu'on le mette plus bas que terre ou qu'on ose le réprimander en public.

- A vous de me dire ce que vous souhaitez de moi milady...





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MessageSujet: Re: ❧ Dans la peau d'un autre   Lun 8 Sep 2014 - 12:34

Lorsqu’il se présenta, je sentis qu’il souhaitait garder une certaine distance. Peut-être était-ce mieux pour leur travail, histoire de ne pas vraiment se lier avec les clients. Je lui avais clairement fais comprendre au jeune homme que je ne savais pas vraiment ce que je devais faire de lui. A vrai dire, j’avais besoin de compagnie. Je souhaitais discuter avec une autre personne que mon garde du corps. Oh il était très sympathique Yvann, mais au bout d’un moment, un peu de changement faisait du bien. Le jeune homme ouvrit la bouche pour m’expliquer les choses.
« Ma foi, milady, à vous de me dire ce que vous attendez de moi. Je suis supposé parader à vos côtés, faire des courbettes et me lancer dans des niaiseries en tout genre jusqu'à ce que vous et votre entourage en soyez satisfaits. »
Ses propos me choquèrent. Je n’avais pas besoin que l’on parade à mes côtés et que l’on flatte mon égo, loin de là, j’avais seulement besoin de compagnie.
« Oh. »
Ce simple petit mot trahissait, je le crains, ma tristesse face à cette situation. Je me suis dis que je ferais en sorte que cette journée soit le moins ennuyeuse possible pour lui. Après tout, il faisait beau, autant en profiter.
« Mr Wyndham, je vous propose ceci pour cette journée. Dites moi ce que vous en penser. »
Je fis une pause histoire de bien peser mes mots avant de les prononcer.
« On va éviter tout ce qui est milady et compagnie, je souhaite que vous m’appeliez soit par mon nom où mon prénom. J’ai forcé Yvan ici présent à m’appelé par mon prénom, donc n’hésitez pas. Pour aujourd’hui je vous propose simplement une balade comme deux personnes normales. Pas de niaiserie, pas de parade, de courbettes, de flatterie et compagnie. Je ne suis pas comme ça et je n’ai pas envie qu’un jour dans l’année ça soit le cas. Je serais plus gênée qu’autre chose. »
Ma requête pouvait paraître très étrange, j’en conviens, mais j’avais simplement envie d’être normale, étant donné que je sortais peu et que mes amis me poignardaient dans le dos.
« Je vous avoue que je suis venue ici sans savoir à quoi m’attendre, et je suis déçue de ce qu’ils vous font endurer pour servir des mesdames coincées et frustrées qui ne sont bien que lorsqu’on les flatte. Si cela ne vous embête pas, j’apprécierais que nous marchions en discutant. »
Il m’enverrait très probablement balader, mais au moins j’avais essayé.
« Bien entendu, si vous craignez pour votre poste, nous ne sommes pas obligés de parler de ces changements à votre patronne. Aujourd’hui vous êtes-vous et nous faisons simplement connaissance en parlant de tout et n’importe quoi. Si vous avez un sujet qui vous plait, n’hésitez pas. »
J’espérais qu’il accepterait. Sinon je me voyais mal passer la journée avec un homme accroché à ma robe pour faire des courbettes…je tolérais déjà difficilement Yvann alors un second…


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MessageSujet: Re: ❧ Dans la peau d'un autre   Jeu 11 Sep 2014 - 21:33



Wyndham la dévisagea une fois de plus, longuement, sans prononcer un seul mot. Bien malgré lui, il y avait quelque chose qui l'intriguait chez cette jeune femme. Mais on ne parvenait pas à se hisser là où il se trouvait, silhouette silencieuse, inébranlable et perpétuellement en contrôle, sans faire preuve d'un tant soit peu de méfiance. Sa suspicion envers le genre humain n'avait fait que croître au cours des années. Peu nombreux étaient ceux qui avaient fait ne serait-ce que vaciller sa foi inébranlable que l'humanité était une cause perdue. Pendant un temps, un temps fabuleux, Maureen avait été de ceux-là. La rechute n'avait été que plus brutale, et Wyndham plus asocial. De plus en plus proche de Saint Thomas qui ne voulait croire qu'en ce qu'il voyait. Les longs discours, les sempiternelles promesses ne récoltaient que peu de grâce à ses yeux. pis encore, elles ne faisaient que creuser ses doutes plus profondeur. Il était si aisé de faire de belles paroles, pour les piétiner un instant plus tard et agir aussi bassement que le permettait le genre humain. Ainsi, il avait depuis longtemps appris à observer ses concitoyens, plutôt qu'à les écouter. Il s'agissait là d'un moyen bien plus efficace pour percer à jour mensonges et trahisons.

Aussi, certes, l'expression même du visage de Milady paraissait sincère. Tout, dans son expression corporelle, s'accordait à son petit discours. Même les regards que lui lançaient ledit Yvan (quoi que, parfois, passablement excédés) semblaient corroborer ses dires. Wyndham aurait presque eu envie de la croire. Mais accorder ne serait-ce qu'une bribe de confiance aussi rapidement serait d'une stupidité incroyable. Il le savait et s'étonnait encore qu'autrui puisse l'en imaginer capable.

- Bien.

Une nouvelle fois, Wyndham l'examina, essayant de faire fi des apparences. Il savait ô combien son regard, perçant, presque dur, pouvait être désagréable à supporter. Et en ce moment précis, il n'avait plus rien de l'employé effacé, docile, presque condescendant de tout à l'heure. Le patron de Man's Rent l'aurait-il aperçu qu'il se serait probablement arraché les cheveux (ce qui aurait été fort dommage, songea Wyndham, puisque l'homme aurait alors dû dépenser une fortune véritable à regagner une mise impeccable). Mais le propriétaire de l'échoppe y était resté calfeutré et il n'y avait que cet Yvan pour être témoin de l'instant.

- Ce serait presque tentant...

Et ô combien il aurait aimé se défaire de son attitude ampoulé pour retrouver son vrai lui, certes, guère plus souple, mais tellement plus authentique. Il reprit néanmoins les points de suspension qu'il avait laissé traîner :

- ... Milady, mais vous comprendrez qu'à ce sujet, je n'ai que votre parole. La parole d'une inconnue.

Négligemment, l'air de rien, il entraîna Milady à emprunter la ruelle qui les ramènerait sur le Chemin de Traverse. Il lui était pénible de s'attarder dans l'Allée des Embrumes. Il ne savait que trop bien quel genre de créatures y avait élu domicile.

- Quelle garantie m'offrez-vous qu'une fois la journée terminée, vous n'irez pas dresser un portrait peu élogieux à mon employeur ?

Il n'était pas encore d'amener sur e devant de la discussion le fait que je n'étais, pour l'heure, qu'une doublure imparfaite de l'escort-boy basique.







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MessageSujet: Re: ❧ Dans la peau d'un autre   Ven 12 Sep 2014 - 9:58

Je pensais pourtant lui avoir clairement expliqué les choses. Lui avoir fait comprendre que je ne voulais pas de milady. Que je ne voulais pas qu’on me traite différemment. Et pourtant, il s’obstinait. S’était réellement énervant. Vraiment ça me prenait la tête.

Il me fit comprendre qu’il n’avait que ma parole là-dessus. Je voyais difficilement comment il pouvait y avoir autre chose. Je n’allais tout de même pas lui faire un contrat pour lui dire de se comporter de façon normale avec moi…si ?

Il eut des propos totalement justifié. Il craignait que je n’aille voir son patron pour lui dire qu’il s’était mal comporté, blablabla et qu’il ne se fasse renvoyé. Crainte totalement compréhensible. Après tout, il ne me connaissait ni d’Adam, ni d’Eve, alors bon. Je lui avais pourtant précisé juste avant que nous n’étions pas obligés d’en parler à ses supérieurs. Peut-être que cette information ne l’avait pas marquée.
« Je ne peux vous donner aucune garantie que ma parole je pense. »
Faisant une pause, je jette un coup d’œil à Yvann. Il avait se regard de reproche que je lui connaissais si bien. Celui qui annonçait qu’il savait que j’allais faire une bêtise et qu’il devrait réparer les pots cassés. Pauvre de lui, je lui en faisais voir vraiment de toutes les couleurs.
« Mais ma fois, si vous préféré passer cette journée en tant que soumis, parce que faut avouer que c’est totalement cette attitude je trouve, je ne vous en empêcherais pas, même si je réprouve totalement attitude. »
Mes propos pouvaient paraître froids et dur, mais ils étaient très clairs. Je pensais déjà avoir été claire avant, mais il fallait croire que non.

Nous nous trouvions à présent dans un endroit nettement plus agréable. Yvann s’était rapproché de moi. Il y avait en effet du monde, mais je ne pensais pas que je risquais grand-chose.
« Vous y êtes peut-être allé fort. »
« N’empêche que je déteste ça, même mes elfes de maison n’ont pas à faire ça. »
« Je sais bien, mais il a du être conditionné à ça par son patron. »
« Bah son patron c’est un con. »
« Blanche ! On ne dit pas des choses pareilles voyons ! »
« Je m’en fous j’y remettrais jamais les pieds et ses conseils elle pourra se les garder la prochaine fois cette idiote. »
« Je vous avais prévenu pourtant. »
« Je sais bien, je devrais vous écouter plus souvent à l’avenir. »
Nous parlions doucement, mais il était possible que le jeune homme en ait entendu quelques morceaux par-dessus le bruit de la rue. Je m’en fichais comme pas possible. Je l’ai regardé, comme il m’avait détaillé auparavant.
« Alors verdict, quel est votre choix ? »


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MessageSujet: Re: ❧ Dans la peau d'un autre   Mer 17 Sep 2014 - 20:50



C'était probablement bien plus fort que lui : il aimait à tester les gens. Wyndham n'hésitait jamais à se lancer dans quelques circonvolutions particulièrement mystérieuses, dont le sens pouvait échapper jusqu'à sa propre conscience, ne serait-ce que pour examiner la manière dont son vis-à-vis traiterait les informations reçues. Il n'existait aucune technique plus appropriées pour démêler le vrai du faux.
Mais pourquoi alors se souciait-il de ce que Wityner, quand il savait pertinemment que tous les mauvais feedbacks du monde n'aurait aucune sorte d'influence sur son avenir, puisque ce dernier ne résidait pas dans une carrière chez Man's Rent ? Un psychomage de bas étage se serait peut-être hasardé dans une hypothèse bancale, selon laquelle Wyndham n'aurait rien cherché d'autre que mettre Wityner aussi mal à l'aise qu'il l'était lui même. Ledit psychomage aurait alors été bien loin du compte. Peuvre irréfutable, s'il en était, qu'il avait décroché son diplôme dans une pochette surprise.

En définitive, ce fut pas tant son discours, non plus que l'attitude de "Yvan", que le ton de sa voix qui acheva de faire pencher la balance. Ça, et le fait que, vraiment, il n'en avait rien à faire d'écorcher la sacro-sainte étiquette de Man's Rent. Wyndham se connaissait suffisamment bien pour savoir qu'il aurait pu tenir son rôle la journée durant, quand bien même il en aurait abhorré chaque seconde.

- Très bien...

Même jusque dans ses acceptations, il fallait qu'il glisse un semblant d'ironie.

- Je m'interroge, cependant...

D'un regard discret, il évalua l'évolution positive des ruelles qu'ils parcouraient à présent. Un coup d'œil lui suffisait généralement pour capter les détails de la géographie alentour. Déformation professionnelle.

- A quoi vous serais-je donc utile ?

De toute évidence, elle avait de la compagnie, en la personne dudit "Yvan".
Et qui était donc prêt à débourser une somme rondelette juste pour la présence (silencieuse et froide) d'un inconnu ?

- En cent mots comme en un : qu'attendez-vous de moi ?

Les choses étaient tellement plus simples quand les rôles de chacun étaient fixés à l'avance. Les professeurs enseignent, les étudiants étudient, les employeurs entretiennent leur complexe de supériorité tandis que les employés font le dos rond... en attendant d'être sultan à la place du sultan.





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MessageSujet: Re: ❧ Dans la peau d'un autre   Mer 8 Oct 2014 - 14:20

Prête à craquer et à le trimballer toute la journée derrière moi pendant qu’il faisait du lèche pour me mettre en valeur, j’attendais son dernier mot. Savoir si j’allais passer une bonne ou une mauvaise journée. Il finit par répondre. Ça veut dire quoi très bien ? Il se fout de moi ? C’est oui ou non ? Je devenais folle intérieurement. Je sentais que je n’étais pas très loin de la rupture et que mon côté bonne épouse et haute société allait partir en éclat. On se calme cocotte, on se calme.

Finalement il continua à parler et je compris qu’il acceptait d’être lui. Il avait des questions en revanche. Je poussais un soupire. Soulagement ? Exaspération ? Je ne saurais précisément dire de quoi il s’agissait. Mais j’étais tout de même rassurée de ne pas me balader aujourd’hui avec un zombi sur mes talons. Il souhaitait savoir à quoi il servirait. Question tout à fait légitime en vérité. Après tout, passer une journée alors que tu ne connais pas la personne, s’était plutôt étrange voir complètement stupide.
« Je souhaiterais discuter avec vous, savoir par exemple comment vous avez atterrit dans cette entreprise douteuse, ce que vous faites dans la vie, vos projets, peut-être aussi votre nom. Bref, que nous ayons une discussion normale entre deux personnes civilisées. Je suis également prête à répondre à toutes vos questions si vous en avez. J’imagine que la première qui vous viendrait serait pourquoi je suis venue dans ce magasin si au final c’est pour ne pas accepter les services que j’ai payé, je me trompe ? »
Je vis Yvann secouer la tête. Je me suis contentée de hausser les épaules. Je pense que si les rôles avaient été inversés, se serait en effet la question que je me poserais.
« Mais avant que nous discutions de tout cela, acceptez-vous que nous allions prendre un verre, un café, un chocolat ou n’importe quoi ? Être assis sera sans doute plus confortable pour discuter. »
S’était à lui de choisir. Je venais de lui expliquer un peu tout. S’il était partant, alors je serais vraiment curieuse d’en savoir plus sur lui. Dans le cas contraire, je pense que le plus simple serait de le laisser faire ce qu’il souhaitait de sa journée.


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Dernière édition par Ellésianna-B. Wityner le Ven 6 Mar 2015 - 12:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ❧ Dans la peau d'un autre   Ven 27 Fév 2015 - 20:51



Voilà probablement la proposition la plus surprenante qu'on lui avait jamais faite. En même temps, à quoi s'attendre d'autre de quelqu'un qui allait acheter les services d'un autre être humain, dans une boutique aussi... le mot lui manquait... dans une boutique du genre de Man's Rent. ?
A quoi s'attendre d'autre, également, depuis qu'il avait accepté de franchir les portes de l'échoppe en question et de proposer ses services ?
Bon gré mal gré, Wyndham finit par se fendre d'un sourire, plus pour paraître civilisé que parce qu'il en ressentait vraiment l'envie. Ou le besoin. Mais il lui semblait soudain que, socialement parlant, il fallait qu'il émette un signe qui le range parmi les êtres humains comme les autres.

- Je vous préviens néanmoins, milady...

C'était plus fort que lui.
Probable qu'il allait lui donner du Milady pour le reste du temps qui leur était imparti.

- Parler de moi est loin d'être mon sport favori.

Il avait conscience de se montrer distant, une fois de plus, quand bien même elle avait fourni tous les efforts pour le mettre à son aise. mais on ne changeait pas si facilement sa nature. Non qu'il en eut envie.

- Mais j'accepte la proposition.

D'un regard large, de ceux-là même qu'il employait quand il traquait une proie, il observa les alentours immédiats.

- Connaissez-vous un endroit dans lequel nous pourrions nous rendre ?

Sans surprise, lui n'en connaissait pas un seul. Il avait depuis longtemps perdu l’habitude de hanter les bars et autres salons de thé. pas sûr qu'il en ait jamais été un client fidèle.





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MessageSujet: Re: ❧ Dans la peau d'un autre   Ven 6 Mar 2015 - 12:21

Je lui avais proposé d’aller boire un verre, juste nous deux pour discuter tranquillement...enfin nous trois, il fallait quand même compter Yvann, le pauvre, il se sentirait frustré autrement. J’attendais qu’il me dise s’il acceptait ou non. Mais bien entendu, je n’eus pas droit à une simple réponse de sa part. Il voulait me prévenir de quelque chose. Et je dus attendre pour savoir le fin mot de l’histoire. Lorsque je le su, je ne pu m’empêcher de sourire. Il n’aimait pas parler de lui, voilà qui était intéressant tout de même. S’était même...mignon en fait. Peut-être était-il trop timide, tout simplement. Il m’annonça également qu’il acceptait la proposition. Proposition qui était d’aller boire un verre quelque part. Il me demanda si je connaissais un endroit. J’en connaissais plein pour être exacte, mais en la compagnie d’Yvann, je me devais de lui demander conseil...en gros savoir où il serait plus simple pour lui de me protéger. Aussi l’ais-je regardé et il m’indiqua une porte pas très loin. Il n’y avait pas d’enseigne, mais se devait probablement être un endroit où nous pouvions nous rendre.
« Allons par là. »
Je me suis dirigée vers la porte, sur les talons de mon garde du corps et suivie par le jeune homme. Lorsque nous avons poussé la porte, j’ai pu entendre le bruit d’un pub bien rempli. Il y avait même de la musique. Décidément ces rues regorgeaient de trésors et de secrets en tout genre.
« Mettez-vous là, je vais vous chercher à boire. »
L’ordre d’Yvann ne donnait pas envie de discuter. Peut-être était-il un habitué des lieux. Quoi qu’il en soit, je me suis assise docilement, invitant mon...invité à faire de même.
« Vous avez peut-être des questions pour moi ? »
Je m’adressais à lui, peut-être qu’il avait des questions précise auxquelles je pourrais répondre.
« Et puis parlez moi un peu de vous, même si vous ne le faites pas souvent. Je vous promet que vous pouvez partir quand vous le souhaitez et que vous aurez le reste de votre journée de libre après cela. »
J’avais finalement décidé que je n’irais pas me balader à gauche et à droite. En fait mes chaussures commençaient à me faire mal aux pieds et je ne me voyais pas me balader longuement avec.

Yvann ne fut pas long à revenir. Il posa trois bierreaubeurre sur la table et s’assit en notre compagnie.
« Blanche, évitez de regarder les hommes ici, ils pourraient mal interpréter les choses et ça pourrait mal tourner pour nous. »

Sa remarque n’était pas très rassurante, aussi fis-je un effort pour que mon regard ne passe que du jeune homme à mon garde du corps. Il ne devait croiser personne d’autre.


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